Simple, basique. Et si on faisait du beau avec du low ?

22 octobre 2020

Déferlante de contenus, vidéos en auto-run, images de super haute-résolution, couleurs clinquantes, scrolling à l’infini… Internet est loin de la sobriété minimaliste du Minitel et des skyblogs des 90’s.


Et pourtant, l’urgence climatique et le décompte qui s’accélère ne nous laissent guère le choix : si l’on veut réduire drastiquement la pollution digitale et faire chuter notre impact, autant prendre les choses en main tout de suite.


Pour comprendre l’ampleur de la chose, il suffit tout simplement d’avoir en tête que notre consommation de vidéos en ligne (juste ça) émet autant de CO2 que l’Espagne. Et on n’évoque même pas ici la dimension énergivore des serveurs, data-centers et de tous les devices qui nous permettent d’accéder au Web. C’est tout bonnement abyssal.


Mais bonne nouvelle : si opter pour une stratégie digitale plus responsable passe par quelques sacrifices, cela passe surtout par beaucoup plus de créativité !


Alors prêts à repenser vos dispositifs digitaux pour entrer de plain-pied dans le plus grand défi du XXIe siècle ?


Avant d’arrêter tout de suite de faire des sites Web, d’aller sur Internet et d’alimenter les réseaux sociaux, Fabrice Arsicot, Directeur du pôle digital de WAT, nous livre quelques bonnes pratiques digitales à mettre en place :


1 – Moins de contenu, mais plus utile et plus clair


Utiliser un langage clair, accessible à tous, est un pacte de confiance. Mais aussi une question d’efficacité, de crédibilité et de qualité de l’expérience utilisateur.


Bref, des mots simples, des phrases courtes, pas de répétitions et vous toucherez les «  81% des français qui déclarent avoir confiance dans les entreprises et organisations qu’ils comprennent bien à l’écrit » .


2 – Stop à la dispersion


Il est temps de mettre de l’ordre dans vos sites, vos apps, vos solutions technos, vos choix graphiques, qui se sont accumulés au gré des années et des projets. Stop au jeu de piste, place à la fluidité et à l’unification.


Rationaliser, centraliser et harmoniser ses interfaces et UX, c’est une économie de budget substantielle sur la maintenance, l’hébergement, la production éditoriale, graphique et technique à la clé. Et un bel effort en matière d’empreinte carbone.


3 – Viva la sobriété !


Le discours semble intenable et pourtant posez-vous systématiquement la question : cette vidéo est-elle indispensable ? Pouvez-vous faire l’économie d’une photo d’une telle résolution ? Là, on ne va pas se mentir, le spectre de l’Internet désuet des années 90 plane d’emblée sur nos Internet et, potentiellement, nous terrifie.


Et pourtant, la hype sera dès demain dans l’épure et le pixel qui tâche ! On le souligne et on le met en gras car quitte à prédire le futur autant l’inventer au présent.


Jetez donc un œil aux sites low tech (comme celui du Mucem ou de The Bare Project) qui commencent à fleurir.



Si tous les sites ne peuvent toutefois pas basculer intégralement dans le no-design et l’esprit vintage, pourquoi ne pas faire la part belle à la typo, au texte qui témoigne et argumente, complété par des photos moins gourmandes et des vidéos qui restent hébergées sur Youtube ?


4 – Plein feu sur la Communication « as a service »


Vos cibles vous en sauront gré : privilégiez un système de consommation d’information choisie qui libère la saturation en sollicitation et en attention. Nous vous en parlions il y a deux semaines, la newsletter fait son grand retour.


Voilà typiquement le type de consommation de l’information qui nécessite une autorisation préalable par l’utilisateur, qui raccourcit la navigation et le temps d’accès à la consultation. Tout bénef !


5 – Attention à l’hébergement de vos données !


Et là, la green-tech avance pour vous. Alimenté par des panneaux solaires et une batterie comme pour le Low Tech Magazine, votre data-center sera léger comme une plume. Seul hic : de nuit et avec une batterie à plat, votre site se mettra en pause le temps que le soleil se lève…


Sans aller jusque-là, vous pouvez opter pour des hébergeurs «responsables», comme Docaposte, qui possède un data-center alimenté à 100% à l’énergie l’hydraulique. Déjà un pas de taille.



Ce sujet, comme nous, vous passionne ? Vous vous dites que c’est le moment de faire bouger les choses ? Prenez donc quelques minutes pour découvrir le projet un peu dingue de Geoffrey Dorne qui a transformé l’idée d’un web low-tech en une expérience pour ses étudiants en design.


Le brief ? Un site web qui tienne sur une clé USB de… 1 Giga. Une façon de revenir à l’essentiel. De s’interroger sur nos attentes et de se préparer gaiement à un monde où les services numériques que nous connaissons ne seront pas nécessairement durables. Mais où l’on aura inventé un web léger et résilient !


C’est également ce à quoi nous nous attelons chez WAT. On en parle ?