Quand les différences culturelles expliquent les stats…

21 septembre 2020


Encouragé par le gouvernement pour contrer l’épidémie de Covid-19, le télétravail serait pourtant en recul depuis la rentrée. C’est en tout cas ce qu’un sondage Yougov publié par Les Echos suggère.


La proportion de télétravailleurs est tombée entre juin et août de 27 à 15 %. Un chiffre à tempérer toutefois car l’étude a été réalisée avant le port du masque obligatoire en entreprise et l’encouragement de la Ministre du Travail à favoriser le télétravail.


Encore une exception française ? Peut-être : chez les Britanniques, la proportion de télétravail était plus forte à la fois pendant le confinement (35 %) puis début août (29 %). Outre l’influence de la structure de l’économie (le poids des emplois dans la finance au Royaume-Uni notamment) et la réaction à un confinement plus strict qu’ailleurs, Laetitia Vitaud, conférencière sur le futur du travail, souligne l’explication culturelle de ce recul très franco-français. Elle se base pour cela sur la carte des différences culturelles d’Erin Meyer.



 


  • 1er facteur : le contexte. Dans les cultures asiatiques et latines (et particulièrement française), l’implicite, le second degré et l’ironie font partie intégrante de nos modes de communication et ils nécessitent d’être contextualisés pour être saisis. Plus simple dès lors de gérer les interactions aux Pays-Bas et aux Etats-Unis où la communication reste très explicite.

     

  • 2e facteur : la nature du leadership. Dans les pays de culture égalitaire comme le Danemark, la Suède ou les Pays-Bas, le télétravail génère moins de vexations. Et pour cause, ce sont des cultures qui ont tendance à « aplatir » la hiérarchie. A contrario, en France, le statut impacte davantage les relations au travail.

     

  • 3e facteur : la façon dont la confiance se construit. Les Danois ou les Néerlandais, pour ne citer qu’eux, inspirent confiance par la qualité de leur travail. Les Chinois, les Mexicains ou les Français se rapprochent plutôt pendant les moments partagés et en particulier – on vous le donne en mille – pendant les repas !

     


En résumé, c’est l’occasion de constater que malgré la mondialisation, les cultures locales restent toujours singulières et insaisissables. Un défi de plus pour les communicants d’entreprises internationales.

 

Plus généralement, ces nouveaux enjeux générés par des collaborateurs alternativement en présentiel ou distanciel, à l’aise ou non dans ces nouveaux rituels, nous poussent à réinventer nos formats de communication interne.

 

Comment  faire passer l’information sans laisser personne sur le bord du chemin ? Comment réengager les collaborateurs malgré la distance et les réticences ?

A chaque entreprise la communication qui lui ressemble. A chaque marque, des formats et des contenus éditoriaux adaptés à sa culture. Il est peut-être là, le plus grand des challenges internes à venir !