5 choses à savoir pour que ça change

12 octobre 2020
Dans la droite lignée des affaires Weinstein et du mouvement #Metoo, la lutte contre les violences sexistes a fait des petits, irradiant tout, du cinéma à la mode, en passant par les sports de haut niveau, le monde de la pub et des entreprises. Dernier en date à en avoir fait les frais : le groupe Ubisoft.


Souvenez-vous en juillet dernier, le très cool mastodonte des jeux vidéos était épinglé par Numérama, à la faveur d’une enquête fleuve, pointant du doigt des agissements déviants et une ambiance éminemment toxique.


Cette semaine, et donc deux mois après les faits, l’éditeur a affiché un changement culturel profond. Enquête interne, cabinets externes diligentés, mise à pied, création de poste (Chief People Officer, sic), responsabilisation des RH… Ubisoft a fait son mea culpa et engagé toute une série de mesures coercitives et préventives. Objectif ? Recréer les conditions d’un environnement de travail exemplaire.



Et là forcément, c’est la communication, celle du changement qui intervient.


Au-delà du cas Ubisoft, comment mettre en oeuvre la bonne communication pour faire évoluer les mentalités et les comportements ?


Voilà la question récurrente qui nous est adressée chez WAT, et sur laquelle nous sommes convaincus qu’il faut :


1 – Parler et faire sauter les tabous car c’est l’ouverture de l’écoute et du dialogue qui créera des conditions de confiance.

Vous voulez lancer une campagne interne d’information et de sensibilisation ? Avant toute chose, formez vos managers pour leur apprendre à accueillir les mots/maux et à y répondre.


👉 La bonne idée : Trouver le bon angle pour délier les langues en pointant du doigt des réflexions mille fois entendues qui banalisent l’attitude des harceleurs et renforcent le sentiment d’incompréhension des victimes, comme cette campagne WAT pour Figaro.



2 – Faciliter la prise de conscience en faisant preuve de pédagogie.

Eh oui, l’antisexisme, ça s’apprend, identifier une remarque sexiste aussi. Et pour cela, bonne nouvelle, les renforts ne manquent pas comme le MOOC de l’université de Lille ou le Kit anti-sexiste édité par Toute Femmes toutes communicantes. Vous pouvez sinon comme Orange créer votre propre formation en ligne, le visa pour l’égalité.


👉 La bonne idée : lancer un quiz sexiste/pas sexiste sur votre réseau social d’entreprise en vous basant sur des phrases types ou mieux, faire vivre ces situations de sexisme en réalité augmentée à vos collaborateurs grâce à la start up Reverto.


3 – Adapter sa stratégie de com et son discours à ses problématiques spécifiques

Chacun sa culture, ses valeurs, son histoire, son ADN. Bref impossible de calquer, d’une boîte à l’autre, un dispositif même s’il a fait ses preuves. Quels sont les éventuels dysfonctionnements en interne ? Comment sont-ils perçus par les collaborateurs ? Quel registre (émotion, empathie, humour…) sera le plus à même d’interpeller ?


Ici, seul un audit de la situation et des interviews sans filtre des collaborateurs vous aiguilleront sur les leviers à actionner et les éléments de discours porteurs.


👉 La bonne idée : Pour sensibiliser les collaborateurs au sexisme, après un audit interne, WAT a emmené MBDA dans un registre décalé, celui de la Web série hilarante avec le « sexiste flash » salué par un Grand Prix Stratégies. Façon de pointer les dérives sans stigmatiser. Message reçu à 100 % par les collaborateurs.



4 – Rendre les collaborateurs acteurs du nouveau code de conduite (citons pêle-mêle le jeu de société Ekiwork ou le code de conduite d’IBM). Mais surtout les impliquer tous : victimes, agresseurs, témoins. Sans oublier de les outiller, pourquoi pas avec un guide de répliques antisexistes à dégainer pour répondre aux agresseurs ?

 

👉 La bonne idée : Trouver de l’inspiration sur l’appli RespectMe ou sur Woman Interrupted, l’appli qui calcule le nombre de fois où une femme est interrompue par un homme lors d’un échange, dans une journée, une semaine, un mois et une année.

 

5 – Accompagner et former systématiquement les managers et les RH avant l’étape ultime de la sanction. Evidemment, c’est cette décision qui légitime la parole de la victime et apaise le climat.


Bref, le sujet n’est pas simple et les stéréotypes bien ancrés. Mais heureusement, les outils inspirants pour l’entreprise sont de plus en plus nombreux et le champ des réflexions créatives, pour adresser le sujet avec le bon ton, illimité.


 

Chez WAT, on a commencé par se tester nous-même grâce au test de Meandyoutoo qui détermine en dix minutes si vous êtes ou non un.e collègue sexiste. Les résultats sont éclairants et non culpabilisants. Prise de conscience garantie